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February 25 Chanson abandonnéeLes reflets qui fléchissent Dans les miroirs des dames Aie conscience des bâtisses Désertées par les flammes Et des peaux fissurées comme la peinture en larmes
I can’t wait anymore I have to leave the child Who sees your mother core But doesn’t know the woman
Les corps qui ne suivent plus Leurs ombres trop brutales Où crient au temps perdu Des souvenirs bancals Et des yeux délavés où meurent les étoiles
You can’t be anymore A book I‘ve never read Focusing the cover And rejecting the end
Et les pieds fatigués Des corps qui s’ankylosent Osent encore se presser Avant qu’ils ne reposent En paix Traits Disparus dans la tombe Visages lisses et soumis Mais libérés du temps des vieillesses ennemies
I don’t want you to die But I guess your withdrawal It’s time to steal to death The truth of your traverse.
February 18 Diagnostic ?19h, heure de pointe dans le métro parisien, bondé, donc. Beaucoup mâchent des chewing-gums. Etre parqué comme du bétail dans des wagons surpeuplés, mû par l’obligation d’aller gagner sa croûte, est une chose, mais forcer le trait en poussant (in)volontairement la ressemblance avec des ruminants hébétés en est une autre. Zoomorphisme ou syndrome de Stockholm ? February 17 CB : carte bouleversée
J’sais pas vous, mais moi, je vais souvent faire mes courses au Monop’, et la plupart du temps, je paye par carte bleue. Pendant la transaction, je garde toujours un œil sur l’écran de la machine où apparaît « Carte EMV », avec un « V » arrondi qui ressemble à un « U ». Alors moi, forcément, je lis « carte EMU », et, d’imaginer les émotions de ma p’tite carte, ça m’fait toujours un p’tit quequ’ chose. February 11 DélocalisationsCa coule comme du plomb sans quitter la surface. On s’y attendait trop. L’intuition, qui nous fait jouer du bout du doigt seulement. On cerne sans savoir, juste de quoi essayer, mais on reste à sa place, aucun pied de chaise à racler, aucune inclinaison vers un lacet à nouer. On attend que les pas que les mains que le désir viennent au devant de nous dans ce qu’on voudrait prendre pour des petites robes d’été, on y parviendrait presque si l’on avait gardé quelque naïveté. Mais n’arrivent qu’armures. Des guerriers, voilà ce que nous sommes devenus, sans cesse à guetter d’où viendrait le danger, plus question de s’offrir à l’ami, car à trop surveiller les nuages de poussière à l’horizon, on en vient à croire à l’ennemi et à l’attendre de pied ferme. Et les frontières que l’on combat, on ne sait plus lesquelles. Prêts à parer les coups avant que les sabots de chevaux équipés fassent entendre leur pas qu’on prend déjà pour un galop, prêts à parer les coups avant même que les coups existent, alors qu’on le sait bien, au fond, qu’on ne parera rien lorsque les coups viendront. Nos armures, murs d’armes inventées, fausses cachettes dont l’autre n’a que faire et qui n’arrêteront rien. Regardez-les les deux qui se sont rencontrés, ils se parlent se sourient autour d’un verre de vin mais déjà ils se jaugent et ajustent une cuirasse invisible et pensent aux territoires qu’il leur faudra défendre et même peut-être à ceux qu’il faudra occuper. En même temps qu’ils se donnent ils se mettent en joue, suivant des ordres étranges qu’ils n’entendent même pas. En même temps qu’ils tendent une main l’un vers l’autre comme les solidaires compagnons d’une déroute qu’ils ignorent, ils se fusillent dos tournés contre les murs qu’ils ont dressés. Voilà comment, dans les champs de batailles rayonnant d’obscurité, des massacres se déroulent dans le plus grand secret, le sang versé restant blotti au fond des cœurs et contenu par les cuirasses.
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