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    February 25

    Visio-nerf

     
    Ma ligne de conduite ? Elle est comme n’importe quelle ligne de ma main.
    Pas droite pas nette pas vraiment tracée. Difficile d’arriver à bon pore.
     
    February 18

    La baisse du taux de fatalité

     

    Il n’y a pas de fatalité.

    Ou plutôt, il n’y a de fatalité que celle que l’on enlace de toute notre haine, que l’on colle. Que celle qu’on enlace de toute notre haine alors qu’on voudrait l’envoyer en exil la fatalité que l’on colle.

    Un exil facile pourtant, renvoyer la fatalité là d’où elle est venue, là d’où elle vient, un retour aux sources taries d’avoir été trop étouffées. Et l’eau renaît et la vie peut enfin commencer. Mais non, fatalité fatalité, terre rassurante et tant pis pour les cris et fissures, on s’accroche, on s’y accroche comme à un nuage, on ne s’accroche qu’à soi et c’est pour mieux tomber quand il pleut, mieux disparaître puisque l’à paraître ne vient pas et c’est pas faute de l’attendre, l’à paraître ne vient pas à trop serrer le vide et la fatalité.

    Tenir à distance le bonheur et croire en soi comme dans les aiguilles d’une montre, tic tac, passé ici repassera par là, la petite rattrapera la grande, la grande ne laissera pas tomber la petite, nos vies dans un cadran pour mieux prendre les coups ou pour mieux les sonner.

    Nos vies derrière le verre, la vie si près, les secondes en cadence avec les battements du cœur jusqu’à ce qu’il s’emballe et tout est déréglé, il n’y a de fatalité que celle que l’on délace après l’avoir collée, que celle que l’on délace comme un corset sur une peau blanche et qui retombe éparpillée, ne pense plus « c’est miné », disséminée, insignifiante, comment a-t-on pu tant l’aimer à l’agripper avec mépris la fatalité que l’on a collé.

    La fatalité comme un corset délacé sur une peau blanche, devenue blanche comme une peau de morte à force de côtoyer des fantômes et de les serrer fort et de ne plus respirer, une peau de morte qui s’est laissée raconter trop d’histoires essoufflées, inaudibles, inventées qui sait pour nous maintenir éveillés.

    A force de côtoyer des fantômes, ceux-ci finissent par tirer sur nos souffles comme on tire la corde d’un puits pour faire remonter l’eau croupie des profondeurs, record battu du seau en longueur, la peau blanche la peau de morte ne doit pas retrouver ses couleurs.

    Mais quand le souffle manque le sursaut nous ranime et fait peur aux fantômes, ils ont la naïveté de croire malgré leur transparence nébuleuse que les yeux grand ouverts les perceront à jour mais les yeux grand ouverts ne servent pas même aux enfants. On a beau vérifier sous le lit le soir venu le désert du plancher la vacance des recoins il faudra vérifier à nouveau la nuit prochaine, la nuit d’après encore, on  a beau se faire voler le souffle, on sursaute aujourd’hui, on sursautera demain. Non, ce ne sont pas les yeux grand ouverts le vrai piège à fantômes, ce sont les courbatures. A se pencher sans cesse vers les dessous des lits ou bien à sursauter à se crisper et à se tendre sur leur dessus, les courbatures surviennent et du tangible avec et un champ de bataille et des armes affûtées et de vaillants soldats  pour se débarrasser du mal, et sous l’effort la peau blanche se gorge de sang, le corset sur la peau blanche se délace et le ruban tombe à nos pieds et nous le piétinons.

    Nous avons vaincu les fantômes. Et nous dormons. Nous dormirons demain. Les nuits prochaines aussi.