Barbara's profileSuEñO QuE La LunA bAiLa ...PhotosBlogLists Tools Help

Blog


    December 31

    Conte de faits

     

    Lisez, prenez, pillez, rien de cela n’est à moi, je n’y arrivais pas je n’y arrivais pas je n’y arrivais pas et puis une porte s’ouvre ou peut-être une année il faut y entrer seule et au diable les armes, je trouverais bien un châle pour m’habiller un peu.

     

    J’ai envie de te voir, je fais tout pour te fuir

    Tu me parles d’amour, c’est trop peu de le dire

    Il faudrait que tu viennes, que tu laisses tes filles

    Sur les ânes de Triel où tu les vois sourire

    Je voudrais que tu grimpes dans un train de banlieue

    Puis que tu montes encore dans une rame de queue

    Du métro ligne neuf pour frapper à ma porte

    Que je n’ouvrirais pas, fierté triste et idiote

    Protégeant l’apparence d’un détachement foncier

    Auquel je t’ai fait croire pendant toutes ces années

    Gardant les cartes en mains de notre relation

    Basée sur ton amour et sur mes désertions

    Nous n’étions pas un couple, nous étions autre chose

    Qui ne m’empêchait pas de voir la vie en rose

    Avec d’autres garçons vers d’autres horizons

    Des princes charmants d’enfance, c’était la seule raison

    Je les ai tous quittés, puis je te retrouvais,

    Recommençaient alors restos cocktails virées

    Et puis je ne sais pas quand, toutes les cartes ont glissé

    Mes mains ont été vides, je ne pouvais plus jouer,

    Tu m’as manqué souvent, et je t’en ai haï

    Je tombais amoureuse et je ne l’ai pas dit

    Ni à toi ni aux autres, même à moi je l’ai tu

    Ca n’était pas possible car beaucoup trop confus

    Je ne peux pas t’embrasser ni te prendre dans mes bras

    Comme tout ce que je fais quand un homme est à moi

    Comme tout ce que je fais quand j’aime, j’adore, j’octroie

    Je ne peux pas t’embrasser ne me demande pas pourquoi

    Mais enfin je m’avoue que des sentiments naissent

    Et grandissent pour toi, et comme un chien en laisse

    Je les tire les retiens, j’aimerais qu’ils disparaissent

    Parce que je ne maîtrise rien, parce que peut-être aussi

    Tu n’es pas comme un prince au début de sa vie

    Des enfants tu en as, que de temps impartis

    Moi je suis une femme, mais c’est une imposture

    Les contes que l’on m’a dit avec désinvolture

    Ils n’ont jamais cessé de semer leurs mensonges

    Et sont là maintenant qui m’habitent et me rongent

    Ils ne t’acceptent pas en souverain du royaume

    Daignent te laisser traîner sous forme de fantôme

    Mais sont bien embêtés maintenant que tu me hantes

    Et que je ne sais plus jouer la grande indifférente

    Et qu’il n’y a ni sorcière ni fées enchanteresses

    Pour me désenvoûter ou te faire la promesse

    De passer d’un crapaud à l’homme de mes rêves

    Car la vie ne change rien, et connaît peu de trêves

    Car la vie n’est pas conte aux baguettes magiques

    Réalité banale plus que monde fantastique

    A défaut de légende il nous reste le choix

    De balayer d’un geste les Disney d’autrefois

    De brûler le carrosse et garder la citrouille

    De bannir gentilshommes et de plaire aux fripouilles

    Arriverais-je à vomir ces histoires racontées

    La lumière allumée sous des couettes bordées

    A quatre ans, à six ans, lorsque l’on a besoin

    De mensonges pour grandir et tracer un chemin

    Arriverais-je à gommer les dessins colorés

    Des livres féeriques que j’avais adorés

    Pour regarder la vie brute et sans ornements

    Et souvent moins jolie que mes rêves d’enfant

    Se peut-il que je t’aime sans penser à tout ça

    Que je te prenne entier, même ce qui ne me plaît pas

    J’ai peur de me tromper, et de n’aimer en toi

    Que le père que tu es et celui que je n’ai pas

    Comme si je choisissais de ne jamais grandir

    De rester sous ton aile et de ne jamais partir

    Il est clair que j’y trouve un endroit où poser

    Mes craintes d’abandon et mes blessures lassées

    De se rouvrir sans cesse à chaque amour nouveau

    Qui ne se construit jamais parce que je romps trop tôt

    Mais est-ce là une raison pour m’agripper à toi

    Et me priver ainsi peut-être je ne sais pas

    De la vie, de la vraie, de ce à quoi j’ai droit

    D’un homme que j’aurais, à force de combat

    Réussi à garder sans doutes et sans reproches

    Et sans créer sans cesse de vains rapports de force

    Il y a là la preuve d’une chose pas très nette

    Je dis aimer un homme, mais un autre je souhaite

    Comment faire pour savoir si je ne fais pas fausse route

    Je ne puis qu’aller lentement, ralentie par le doute

    Mais je n’ai plus vingt ans, temps d’insouciance bénie

    Aux si rares pressions à réussir sa vie

    Une ombre désormais plane et je compte les heures

    J’ai grillé trop de chances et commis trop d’erreurs

    Pour autant je ne peux ni me résignerai

    A m’unir sans amour à quelqu’un qui m’aimerait

    Tricher ou simuler par peur du temps qui passe

    S’emprisonner à deux dans une sombre impasse

    Se faire croire à soi-même au bonheur de son couple

    Je l’accepte chez les autres, il faut bien être souple

    Mais le bannit pour moi car je suis trop entière

    Trop honnête avec moi, trop authentique et fière

    Pour rentrer dans la case, à n’importe quel prix

    Des femmes épanouies ayant enfant, mari

    Alors je m’interroge : mes sentiments pour toi

    Ne sont-ils pas enfin ce que Balzac une fois

    Ecrivit de sa plume à la tombée du jour ?

    « Je t’aime comme un enfant, je n’aime que ton amour ».

     

     

     

    Huez, hurlez, brûlez, je ne veux plus de tout ça, j’y arriverai j’y arriverai j’y arriverai, je passerai le seuil, qu’on ne s’avise pas de me retenir, et quand je me retournerai, ce sera pour fermer à clé. Que la poignée s’agite ou que le bois grince, que des grattements bruissent ou que des coups résonnent, je serai déjà loin.