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    November 19

    Mise au parfum

     

    Parfum j’entends désir, appétit, gourmandise, voracité.

    Je te déguste parfum de Lou.

     

    Parfum j’entends limite, terminaison, aboutissement, conclusion.

    Lou si tu pars, fin de partie.

     

    Parfum j’entends subtil et délicat, filiforme et léger.

    Parfum de fille, parfum de celle

    Sur la ficelle où tu cou lisse

    De ta peau je m’empare, je me pare et la fume.

     

    Lou dans mes bras distillée.

    Senteurs de toi ne suffisent pas.

     

    Je t’aime arôme sur la Piazza Navona

    Tu exhales mon exil

    Et tricotes l’haleine pour m’en faire un fourreau, une maison, un pays.

    Tu émanation.

    Je colmate la brèche dans ton sexe en bouquet.

     

    Ton amour, Lou, je le veux par fumets sur un chaudron bouillant.

     

    November 10

    @telier d'€criture #4

     

    Sous le gris banal de la poussière

    Chercher les rainures du bois impoli

    Du bois discourtois toujours à court d’excuse

    Quand il craque au-dedans le bois

    Le bois en tas, entamé et pourri

    Sous la couche de taire

    Seconde peau travestie

     

    Pendant que l’aube se rhabille

    Plonger les mains dans une entaille discernée

    Les doigts d’eux, les doigts dans, les doigts dedans

    Trempés dans l’immondice

    Dans les coups

    Dans la rage

    Les doigts et le courage dedans

     

    Tandis qu’au-dessus du carnage, penchée, grimace une peau

    Une pierre

    Se plissent des paupières ignorantes dégoûtées

    Du règlement de compte

    Au bout de ce corps corsé corseté décortiqué

    Au bout de ce corps étranger

    Ne tenant plus de l’ange que l’être évaporé

     

    Les doigts dedans trouver le fi le fil le filet

    Et remonter en force la balance envasée 

    Pleine d’ordures rouillées

    Souillées

    Grouillantes

    Les arracher du gouffre où elles proliféraient

    Les porter au visage

    Les regarder enfin

    Les tutoyer de près sans jamais vaciller

    Puis leur cracher dessus

    Et frotter insolent

    Pour les aseptiser

     

    Dans le propre et lustré

    Apprendre à vivre ensemble

    Côte à côte

    Associés

     

    Il fallait un ménage pour que le bois troué des racines de l’homme

    Ligoté camisole sur son lit d’hôpital

    Filtre la mer des bennes dans laquelle il baignait

    Et retrouve un éclat.  

     

    November 05

    @telier d'€criture #3

     

    Imposture sentimentale, posture mentale courante. Dans les têtes, aux postes frontières en forme de blessures mal soignées, des gardes font du zèle à chaque tentative d’entrée dans leurs territoires minés, disséminés aux quatre coins de l’existence. Qu’une jambe jupe talon essaye de se frayer un chemin et sous les vestes ignifugées pointe le canon d’un revolver. Pourtant, sur les visages, des sourires assurés semblent inviter au rêve.

     

    Révolues les explorations sans barrières, trop d’ex éplorées barrées de cent manières et sans manière aucune. Les verres trinquent au début, les nerfs trinquent ensuite puisqu’aucun ne consent à se jeter à l’eau depuis leurs îles barricades.

     

    Approcher le bord d’elle est bien trop dangereux, se reposer dans un nid d’il inconcevable, car les amants gris, griffés, ne pensent qu’à la chute et ne décollent pas de leurs pistes tollé.

     

    November 01

    Petite annonce amoureuse

     

    Mouette rieuse loufoque et exigeante, trois fois palme d’or à Cannes, cherche poisson clown à dos fin et raie sur le côté pour embardées récréatives en hot mer.

     

    Fous de passants et corps mourant s’abstenir.

     

    (http://petites-annonces-amoureuses.blogspot.com/)