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    October 13

    Noël, boulevard Haussmann

    Dans la brume épaisse et humide, j’ai aperçu ta veste tournée vers d’autres gens. Tu avais relevé tes cheveux et, surplombant la finesse de ton cou s’échappaient quelques mèches un peu folles, à l’image de ces autres qui te passaient devant pressés et turbulents. De loin, je t’ai devinée contemplative des vitrines des grands magasins, patiemment  attelée à diriger ton regard au travers de la foule pour lui frayer un chemin sans obstacle qui déposerait tes iris sur les devantures féeriques de Noël.

    Je ne me suis pas trop approché de toi, préférant me figer en retrait pour peindre ce tableau avec des pinceaux de mémoire et faire de tes mèches folles mon plus beau premier plan. Au fond, les jouets derrière les vitrines léchées par ton regard envieux ne seraient que la preuve de nos âmes d’enfants rescapées des chantiers de construction de la vie.

    Et puis je t’ai rejoint, et toujours derrière toi, j’ai peint la touche finale en respirant ta nuque. Dans les œuvres impalpables qui se nichent dans les replis obscurs de nos esprits, les toiles ont mille couleurs aux parfums assortis.

    Tu as senti mon souffle et en tournant ta tête, la peau diaphane de ton cou a caressé mes lèvres, ton pouls a flirté avec ma bouche. C’est comme si j’avais embrassé ton cœur.

    Et puis la vie autour nous a repris dans ses filets où chaque maille est un rythme qui n’admet pas de pause, où chaque fil a son but qui exclue l’égarement, où nous avons marché mêlés aux voix des gens, silencieux pour un temps.

    Ta main dans la mienne est comme une braise : brûlante. Et moi, je suis un bout de bois, tout entier prêt à me consumer pour peu que je ne flambe pas. Je ne voudrais pas perdre mes peintures de toi dans les ravages de la passion, ces divagations trop instinctives qui nous font faire un tas de nos œuvres de mémoire pour tout réduire en cendres dans un incendie criminel, pyromanes de nos propres matières grises, croyant contraindre ainsi des blessures au silence, des souffrances à l’oubli.

    Je pense déjà à tous les rendez-vous que je te donnerai, juste pour arriver après toi et te croquer encore sur des toiles de conscience, pour enrichir ma tête et en faire un musée où je serai le seul visiteur.

    Un jour peut-être, je t’y ferai entrer autrement qu’en tableau.

    October 06

    En avant marche !

    Déjà deux semaines que j'ai eu mon permis, et encore un code de la route sans dessus-dessous dans ma tête qui ne veut pas me laisser tranquille ! Il vient même me persécuter dans mon inspiration... Help ! :-p Demain, j'attaque Paname en caisse... sans moniteur ! Plouf ! En attendant, petit intermède poétique.
     
     

    Une ligne blanche   ~   A ne pas franchir

    T’as été franche   ~   On peut pas dire

    Une route étroite    ~   Et très sinueuse

    T’as été droite   ~   T’es pas menteuse

    Un sens unique   ~  Sans rien derrière

    Pas de panique   ~   Une marche arrière

    Pour ralentir   ~  Y’a un feu rouge

    Je l’ai pas vu venir   ~  Plus rien ne bouge

    Si ça va mal   ~   Chaussée glissante

    Tu me remballes   ~   Séance tenante

    Tu prends des airs   ~   Toujours à droite

    Prioritaire   ~   Echec et mat

    Tu m' laisses jamais   ~   Refaire le plein

    Et à l’arrêt   ~   On va pas loin

    Tu m’avais dit   ~   Que l'chemin s'rait long

    Une aventure   ~   A ta façon

     J’aimerais quand même   ~   Qu’un jour au moins

    J'passe la cinquième   ~  Et que tu m’aimes bien