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    January 22

    Toi et ta nature, la nature est Toi

     
    Comme un roseau courbé caressé par le vent
    Tu as cambré tes hanches sous mes câlins d’amant
    Les mille gouttes de rosée sur les fleurs du jardin
    Sont venues sur ta peau pour sécher dans mes mains
     
    L’épine de la rose, le velours du pétale
    Je les retrouve en toi tel le bien et le mal
    Dans les épis dorés des blés sous le soleil
    S’esquissent tes cheveux aux doux reflets de miel
     
    Je protège la nature comme un trésor précieux
    Parce qu’elle a donné vie aux étoiles de tes yeux
    Détruire mers et forêts, faune et flore et pistil
    C’est comme te perdre un peu, toi sauvage et subtile
     
    Les vagues de l’océan à l’écume légère
    Se nichent dans tes rires imprévisibles et clairs
    Et je me colle à toi comme à du sable chaud
    Mon corps épouse tes formes comme les dunes sous mon dos
     
    Immaculée et pure telle les neiges éternelles
    Je n’aime pas te voir fondre, je te préfère rebelle
    Libre comme les flocons qui descendent du ciel
    Et se posent sur ton dos pour te donner des ailes
     
    Je protège les milieux pour garder l’équilibre
    Le centre de ma vie c’est toi qui me le livres
    Dans l’air que tu expires résonnent ça et là
    Les échos d’un système où l’amour serait roi
     
     
    Dans ces quelques strophes, enlevez la nature, et vous y trouverez une femme désincarnée.
    January 11

    Inspirée par Chloé Delaume et par mon chat (aucun lien non plus)

     

    Il ronronne bien luné museau en l’air oreilles dressées, je n’ai de cesse de le mater mon matou maître de céans, et c’est en lui murmurant des mots d’amour gagatisants qu’il fait demi-tour snobinard clopin-clopant. Mais si la faim tout à coup le tenaille (bien que tenaille soit un grand mot car à peine fini victuailles ma main remplit gamelle au trot, c’est là le luxe de l’an deux mille d’être nourris facile-facile et des pays développés d’avoir toujours trucs à gober), il délaisse volontiers et vaille que vaille son habit de roi de souverain, de chevalier au port altier ayant subi le pire affront : celui d’être aimé pour de bon – il faut ici bien souligner qu’amour pour chat est étranger puisque ce dernier s’attribue les pleins pouvoirs des fauves couillus qui sans conteste prennent pour acquis le dévouement total d’autrui. Ainsi en appétit, il vient se frotter à mes jambes, manipulation si limpide unique option d’estomac vide, stratégie claire et transparente, grossière et tellement évidente, si peu fine, si peu fine, si peu fine… puis-je dire de mon chat qu’il tapine ? Séduction à quatre pattes, échange câlins contre bœuf en boîte. Moi bien sûr je le laisse faire, qu’il me chatouille de ses poils longs, que ses miaous soient en mon nom ! S’il m’ignore quand je veux l’aimer alors je prends des airs benêts quand lui souhaiterait me voir piger que ça gargouille dans ses grêlons. Je sais… ma vengeance est mesquine, mais seul moyen que j’ai trouvé pour arracher tendresse tigrée douceur féline qui bien câline. Mais puisque point trop n’en faut et déjà riche du dernier mot, gargarisée de poils sur jean de mains sur chat couci-couça cahin-caha, j’agite croquettes et pouf la bête se frotte la tête sur mes bras, quant à la suite n’en parlons pas, sitôt versées dans l’assiette creuse le chat se la met en veilleuse et basta. Pour peu que j’ouvre une boîte de thon, c’est yeux d’amour et doux ronron, ni une ni deux il m’embobine cœur d’artichaut patine coufine et la moitié de mon poisson finit tout droit dans son bidon. Pas étonnant qu’il s’engourdisse, l’âge dit-on rend plutôt mou, mais on oublie tous les délices qui alourdissent les doux pelages des abdomens de nos matous. J’avoue pourtant à mi-voix pendant que pitance agglomérée craque sous les dents du carnassier que je le trouve un peu trop gros pas assez vif un peu palot et que bien sûr ses sept kilos comptent pour beaucoup dans ce tableau, mais jamais je ne pourrais envisager de rationner les entremets, pauvre petit chat d’appartement dont la seule joie est aliments ! De toutes façons, chat-elain dans son chat-eau a plus d’un tour dans son chat-peau pour chat-parder à ma moustache les quelques restes d’un gigot. Le régime n’est donc pas au programme, bourre et bourre et ratatam, je ne veux pas risquer l’humeur morose boudeuse pincée d’un Monseigneur dépossédé : je préfère garder mon chat-pitre que de consumer un chat-teigne, et tant pis s’il ne devient pas Chat France 2007. Au moins, pas de miaulements à tous bouts de champs pour proclamer mécontentement ni syndicat de chat tout seul revendications et grande gueule. Outre la bouffe sujet de barouf il y aussi les longues journées de sommeil non accompagné puisque j’occupe bien obligée mes semaines à travailler (accessoirement pour sa pâtée) : quand je rentre à la maison il me réserve à l’occasion un vrai concert en si mineur qui me ferait dresser le majeur si je ne gardais pas à l’esprit que les cerveaux des animaux sont loin d’être assez érudits pour décoder prontissimo ce genre subtil de non-dit. Toujours est-il que ces plaintes acoustiques me font culpabiliser malgré moi, j’y vois des reproches sardoniques d’un chat quand même un peu fada : « Mia-où étais-tu encore ? Mia-où étais-tu passée ? Mia-où as-tu dormi ? Mia-où m’as-tu trompé ? ». A la limite, je veux bien qu’il me croie son larbin, mais quand même pas sa fiancée ! Vraiment ces chats ne doutent de rien… mais je ne peux pas leur résister !