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Barbara A

/ Ecrits vains au sang couleur / Leurres, coups et 120 cris /
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SuEñO QuE La LunA bAiLa cOn El sOL

Déclic et Des claques
June 07

Théma "l'absence" (www.ecrits-vains.com)

 
L’absence, œil de verre brillant d’inanité, reflets falots sur résine imposture, couardise des coups purs comme celui de la désertion ligne droite.
 

Fronde en forme de vide, cas rance à potasser mal allongé sur le dit vent, secousses trous d’air et dépressions à maux sphériques sans même au bout la peine nourrie de carburant.

Il n’y a plus d’avec mais seulement le dé faux qu’on jette en sachant clairvoyance qu’on ne gagnera plus, le dé pipé est dépit paix, l’absence a le silence de cris coincés noyés.

Qui eût cru qu’en son sein l’œil de verre abritait dix visions acérées coupant net sans bavure le bourgeon apical.

Avenir sans rameau pas plus que nerf optique, il faudra le radeau et la thérapeutique pour que chaque saison retrouve ses couleurs.

Ainsi la déficience n’a plus d’autre destin que de s’assujettir puisqu’en son nom mitonnent deux vocables bout à bout : la science mise au défi aura raison des maux.

 

May 29

Ô, raison funèbre...

 

Il n’y eut que du bruit

A pêcher à la mouche

Les pieds dans l’homélie

A deux pas de la souche

 

La tête dodelinante

Sous des voûtes impies

L’humidité ambiante

A la noirceur des plis

 

Il s’en fallut de peu

Que la cérémonie

Calmât au fond des yeux

La docile agonie.

 

 

May 12

Vain millésimé

 

Sang, sensible, sensiblement pareils et pourtant si, si dits, si différents, par-dessus les fagots ne pas se laisser phagocyter, faire le tri, laisser faire la tristesse, deux pas en art, quatre en arrière, comment peut-on do donner ré récupérer et ressentir ces mi, ces misérables fa failles sol solitaires, la lassitude des si similarités dissonantes, cet un, cette impression d’acquis, d’à qui le dis-tu, qui, si si vite, comme une vague vague qui retourne d’où elle est venue, vœu nu, se fait de plus en plus peu, petite, ex exit existe t-on seul, selon la volonté de chaque un, rien de dé de défi de défini de définitif, le sang va et revient et disparaît noyé dans la lave, en actes évités, en activité, dans la vie bouillonnante d’un autre, à distance, sangsue sans substance, incendie, un des sens crie à l’indécence des coups inévitables, les coups de coussins, et vivement que la rage prennent les jambes à son cou pour renouer avec le courage, les bras, les bravoures et les déterminations sont hâte, attendues sur des terres, sur mes terres aux rites, cratères taris, car dans l’hardiesse l’art dit yes ! et dans l’audace lot d’as pour gagner là-bas la bataille et pour ici continuer à jouer, filet d’âme qui ne laisse pas filer la dame, si ce n’est de cœur écoeurée, celle de trèfle à rosée qui a plu, qui n’a plus qu’une feuille à force d’être, à force de torts, à force de s’être torcher les fesses de lâches thés et de vains rouges et blancs, tous fous tout fout le camp,  liqueurs lie des cœurs qui, pourtant, ne nous à part tiennent pas , appâtés par un pas, par un rôle, par des paroles à pâtés qui deux, deviennent vent au mot au moindre nuage que l’âge en mites emmitouflé perçoit sans percer, sans l’échasse et sans le chasser car il est plus évident de s’exiler vidé dans des bottes de  cette lie, de sept lieux, de sept lits à eux.

 

March 12

Cf. billet du 2 décembre 2008

 

Rappelez-vous l’homme cathédrale, celui de la station de métro Saint-Augustin ligne 9. Je l’ai croisé une fois encore aujourd’hui. Il faut croire que j’ai découvert, si ce n’est sa maison principale, sa résidence secondaire, puisqu’il était à nouveau là, assis sur ce même quai de cette même station. Le plus étrange, c’est que, sans le vouloir, nous avons échangé nos places. J’ai pris le siège qu’il occupait trois mois auparavant, et lui était assis sur celui qui avait alors été le mien. Je l’ai reconnu immédiatement, à peine surgie des escalators, il avait les mêmes chaussures de ville aux pieds, impeccables, et pourtant - chose qui m’avait échappée la première fois – dépareillées bien que du même modèle, l’une marron et l’autre tirant vers le brun. Il était enveloppé dans son long manteau vert kaki, un sac en boudoulière, le dos voûté, les jambes croisées, la tête enfouie dans le col relevé et sous un chapeau, de sorte qu’on ne voyait dépasser de son visage que ses lunettes. On devinait ses yeux fermés et le sommeil tout proche, peut-être là. Offert aux yeux de tous, il semblait à la fois vulnérable dans son absence et sa conscience altérée, et protégé, terriblement présent. Beau. A ses pieds, une bouteille d’eau, et aux miens, seulement deux minutes pour le regarder avant que le métro n’arrive. Son sommeil comme une invitation. Pourtant, courbé dans son anorak, sûrement cherchait-il à se faire tout petit et à s’extraire des curiosités. Rien de ce que j’ai pu voir ou peut-être même ressentir n’était banal chez cet homme, tout me poussait à l’apprendre et à le dévisager. A défaut d’avoir mon appareil photo – mais quand bien même, je n’aurais jamais osé – j’ai sorti mon carnet et j’ai esquissé son croquis, maladroitement. Mais, ce soir, mon croquis ne ressemble qu’à une coquille vide car cet homme-là est insaisissable. A-t-il délibérément choisi la station Saint-Augustin comme point d’attache ? Je suis tentée de le croire, ça collerait au personnage car je peux affirmer que cet homme a la foi au sens où l’entendait ce père de l’église : une croyance en quelque chose d’invisible. Et cette foi-là, je peux dire aussi qu’elle semble contagieuse, car à mon tour, je crois en cet homme, duquel pourtant je n’ai rien vu, je ne vois rien, et ne verrai probablement jamais.

 

 

                                                                          

 

February 27

Colis suspect

 
JE NE SUIS PAS TIMBREE
JE SUIS AFFRANCHIE
 
February 25

Chanson abandonnée

 

Les reflets qui fléchissent

Dans les miroirs des dames

Aie conscience des bâtisses

Désertées par les flammes

Et des peaux fissurées comme la peinture en larmes

 

I can’t wait anymore

I have to leave the child

Who sees your mother core

But doesn’t know the woman

 

Les corps qui ne suivent plus

Leurs ombres trop brutales

Où crient au temps perdu

Des souvenirs bancals

Et des yeux délavés où meurent les étoiles

 

You can’t be anymore

A book I‘ve never read

Focusing the cover

And rejecting the end

 

Et les pieds fatigués

Des corps qui s’ankylosent

Osent encore se presser

Avant qu’ils ne reposent

En paix

Traits

Disparus dans la tombe

Visages lisses et soumis

Mais libérés du temps des vieillesses ennemies

 

I don’t want you to die

But I guess your withdrawal

It’s time to steal to death

The truth of your traverse.

 

February 18

Diagnostic ?

 

19h, heure de pointe dans le métro parisien, bondé, donc. Beaucoup mâchent des chewing-gums. Etre parqué comme du bétail dans des wagons surpeuplés, mû par l’obligation d’aller gagner sa croûte, est une chose, mais forcer le trait en poussant (in)volontairement la ressemblance avec des ruminants hébétés en est une autre.  Zoomorphisme ou syndrome de Stockholm ?

February 17

CB : carte bouleversée

 

J’sais pas vous, mais moi, je vais souvent faire mes courses au Monop’, et la plupart du temps, je paye par carte bleue. Pendant la transaction, je garde toujours un œil sur l’écran de la machine où apparaît « Carte EMV », avec un « V » arrondi qui ressemble à un « U ». Alors moi, forcément, je lis « carte EMU », et, d’imaginer les émotions de ma p’tite carte, ça m’fait toujours un p’tit quequ’ chose.

February 11

Délocalisations

 

Ca coule comme du plomb sans quitter la surface. On s’y attendait trop. L’intuition, qui nous fait jouer du bout du doigt seulement. On cerne sans savoir, juste de quoi essayer, mais on reste à sa place, aucun pied de chaise à racler, aucune inclinaison vers un lacet à nouer. On attend que les pas que les mains que le désir viennent au devant de nous dans ce qu’on voudrait prendre pour des  petites robes d’été, on y parviendrait presque si l’on avait gardé quelque naïveté. Mais n’arrivent qu’armures. Des guerriers, voilà ce que nous sommes devenus, sans cesse à guetter d’où viendrait le danger, plus question de s’offrir à l’ami, car à trop surveiller les nuages de poussière à l’horizon, on en vient à croire à l’ennemi et à l’attendre de pied ferme. Et les frontières que l’on combat, on ne sait plus lesquelles. Prêts à parer les coups avant que les sabots de chevaux équipés fassent entendre leur pas qu’on prend déjà pour un galop, prêts à parer les coups avant même que les coups existent, alors qu’on le sait bien, au fond, qu’on ne parera rien lorsque les coups viendront. Nos armures, murs d’armes inventées, fausses cachettes dont l’autre n’a que faire et qui n’arrêteront rien. Regardez-les les deux qui se sont rencontrés, ils se parlent se sourient autour d’un verre de vin mais déjà ils se jaugent et ajustent une cuirasse invisible et pensent aux territoires qu’il leur faudra défendre et même peut-être à ceux qu’il faudra occuper. En même temps qu’ils se donnent ils se mettent en joue, suivant des ordres étranges qu’ils n’entendent même pas. En même temps qu’ils tendent une main l’un vers l’autre comme les solidaires compagnons d’une déroute qu’ils ignorent, ils se fusillent dos tournés contre les murs qu’ils ont dressés. Voilà comment, dans les champs de batailles rayonnant d’obscurité, des massacres se déroulent dans le plus grand secret, le sang versé restant blotti au fond des cœurs et contenu par les cuirasses.  

 

February 08

L'écrit de gorge

 
LA CLE DES CHANTS  :  LA CULTURE DES SOLS
 
February 05

Tête à totaux

 
LEURRE  DE  GLOIRE  :  JOINDRLEDEBOUTS
 
December 30

1+1=0

 

Les uns-tact, les uns gèrent, les uns-cube

Les uns citent, les uns posent

Les uns ferrent, les uns serrent

Les uns partis, les deux viennent, les deux-vent

Les uns-pacte, les uns-firme, les uns vendus

Les uns-carne, les uns-briquet

Les uns jurent, les deux meurent

Les deux hors

Les uns priment

Les uns bus

Les uns dignes, les uns portés,

Les uns sinuent

Lestés des autres-foi

(l’autre ment).

 

December 12

Inspirée par Gherasim Luca

 

Tes ras, tes tics, tes rapts, thérapeutique, un peu un petit don pour l’achat leurre, pour la chaleur loupée chaloupée, la paix des pensées qui dépensent et repassent les pleurs, qui dépècent et repensent les peurs, les peaux, l’hypothétique heurt des sent pas pieds, des cent pas pillés sur les lies sang sciées qui s’enlisent de pièces en lits, de liesse en pis, la descente osant faire l’erratique, l’air à, l’air à tics, l’air à tiquer sur des airs rances, errances, la déshérence révérencée des rêves d’aisance à vert, avérés d’être, détraqués, des tracs et des racines rats, ratés, des traces si nées calcinées, l’inné rance de la terre à pis, à prix, apprivoisée, tractée par l’épi sur la tête, par l’épithète sûr, le dé, le dépit ôta, le dépiautage têtu qui se tait tue, hip hip hip tenus, ténus, l’hypothénuse-dépôt use l’épée et les piments, les pépiements pipés des ans, des angles, droits, des endroits où, posés, les opposés n’osent que sangle, s’engluer aussi, oscille, au silence des os laids désopilants, il part, il paraît qu’épeler épile les peaux les pôles les politesses par-ci par-là, parcimonie parlante où les mots nient et l’élan part à l’air je, allergène à parer en s’emparant de scies à tics, à maux, à bile, mobile habile abominable sur lequel on s’assoit soi soi pour sot, pour scie, pour sonner le glas, pour saucissonner le glaçon art, le glaçon armé qui ne fond pas, je, jeu lent, gelant l’aile, les larmes au coin des si, les larmes au coin des scies,  les larmes au coin des scies quatre, les larmes au coin des cicatrices.

 

December 02

Touchée-Coulée

 

En Turquie, dans un dolmuş – ces petites camionnettes qui font office de minibus pour aller d’un village à l’autre – une vieille femme s’est assise sur le siège à côté de moi. Pendant tout le trajet, je l’ai regardée à la dérobée, il fallait que je l’apprenne par cœur, c’était une nécessité qui, loin de se faufiler par les chemins habituels de la raison, s’est imposée à moi aussi sûrement qu’un réveil-matin. Petite, elle portait une jupe beige à fleurs blanches et un large t-shirt bleu à fleurs roses. Sous sa jupe trois quart, un pantalon bleu marine aux petits motifs couleur or. Sur sa tête, un fichu blanc cousu de perles rouges. Une vieille femme comme un bouquet de feu d’artifice. A ses pieds enfin, des mocassins noirs, avec, à côté, un sac à main de la même couleur. A peine s’est-elle installée à mes côtés, cette envie de lui prendre la main. De la serrer dans mes bras peut-être même. Des larmes sur mes joues, ni de tristesse, ni de joie, des larmes de rien, seulement de sel quand l’eau s’évapore au soleil. Des larmes qui nous font détourner la tête vers la mer loin derrière la vitre pour retrouver l’aridité de l’été méditerranéen. Des larmes qui s’en viennent sans comprendre et d’ailleurs on s’en fiche, ça serre le cœur c’est tout, ça transperce une carapace qu’on découvre à l’instant même où la perforation a lieu, la douceur des traits de la vieille femme comme une aiguille qui pique sans jamais faire de mal. Ca goutte seulement. De travers je l’ai regardée, à ce point-là c’est de l’espionnage, d’ailleurs je l’ai prise en photo, appareil à bout de bras sur mes genoux, cadrage au hasard pour ne pas être repérée. Il s’agissait juste de capter sa grâce. Où va le monde, ai-je pensé, j’aurais voulu la suivre et ne plus la quitter, ne plus remettre un pied dans nos villes inhumaines. Elle ne m’a pas jeté un œil, pas regardée une seule fois de tout le trajet, une si belle ignorance, l’indifférence-bonté et comment est-ce possible, et si j’avais osé j’aurais dit merhaba. Elle avait un petit cheveu sur sa joue, ses longs cheveux brun-gris dépassaient d’ailleurs de son fichu, c’était une femme sans âge je me suis dit, et sans affiliation, sur son visage d’ailleurs, le glabre des noblesses et les rides d’une vie au soleil ou du travail aux champs ou les deux à la fois. Ses deux mains fatiguées agrippées au siège de devant pour amoindrir les virages de la route, elle s’est assoupie et sa tête a basculé vers moi et qu’est-ce qui nous empêche d’offrir nos genoux, les enfants le feraient, eux. J’ai essayé de lui sourire, sans que jamais elle ne me voie. Pourtant, sa main s'est désormais posée sur le fauteuil à côté de ma cuisse. Tout à coup, le dolmuş s’est arrêté au milieu de la route et le conducteur est descendu, aidé de quelques hommes, pour changer un pneu qui venait de crever. Alors, elle a cherché quelque chose dans son sac et l’observant encore, j’ai aperçu la contrefaçon Calvin Klein, et je lui ai lancé sans un bruit, sans un mouvement de lèvres, jusqu’où va l’utopie de la modernité. Et puis elle a enlevé ses mocassins, et, en me penchant un peu, l’air de rien, l’air de celle qui s’étire le dos, j’ai lu sur sa semelle Mona Paris et quelque chose m’a échappé, filant au loin sans que je le rattrape. A Paris, quelques mois plus tard, sur le quai Saint-Augustin du métro ligne 9, un homme s’est assis à côté de moi. Comme avec la vieille femme du dolmuş, mon attention s’est trouvée détournée sans compromis, entièrement dirigée vers lui, les yeux en coin à s’en faire mal au crâne ; on m’a appris, je crois, l’impolitesse de l’examen frontal, premier jalon des fuites, qui sait. Il était maigre, si maigre caché dans son pantalon costume et dans son blouson premier prix. Chaussures de ville, la classe, et béret sur la tête, pourtant, pas un radis c’est sûr, et des larmes ont encore coulé. Il a sorti de sa poche un paquet de biscuits style petit beurre, c’était l’heure du repas je crois bien, et, recroquevillé, le visage à moitié caché dans son anorak, il les a mangés avec une telle délicatesse précipitée qu’on en sentait clairement la faim, la fin peut-être aussi, alors l’envie certaine de lui donner un peu, des paroles, de l’argent, mon écharpe ou mon livre, juste de lui donner, mais il ne demandait rien, seul dans son manteau, bien calé dans son siège, ignorant ma surveillance agitée et ma présence ébranlée qui l’aurait fait rire jaune, entre lui et lui-même et ses biscuits aussi, il ne demandait rien et je n’ai pas osé. Le métro est arrivé et j’ai grimpé dedans, le laissant seul à quai, la tête basse, le regard fuyant comme si le monde, il ne pouvait plus le regarder en face, mais qui des deux esquive le plus je me suis demandée.

 

Il y a des gens qui frappent sans un coup d’œil et qui s’en contrefichent et qui ne le croiraient pas, ceux-là même dont la grâce invisible peut me faire perdre pied. L’envie qu’ils me reçoivent, entrer alors en eux comme dans une cathédrale, y allumer un cierge et puis m’agenouiller.

 

 

November 26

J'aime pas l'âme stèle

 

âme sans cible

carbure à l’essence ciel

pour protéger les flammes en rose

et sauver ainsi l’aplat net de couleurs pas stèles
 

 

{ Rêve et tire son art mur }
 
 
November 24

La jungle urbaine

 

UN JOUR peut-être, je serais moins A L’OUEST, et gagnerais, qui sait… J’ai participé au concours Metro Photo Challenge 2008 il y a quelques semaines. Evidemment, j’ai découvert le concours quelques heures avant sa clôture en feuilletant Métro un matin, un encart publicitaire m’ayant accroché l’œil de manière inhabituelle. J'ai décidé alors de me dépêcher et de poster cinq photos (nombre maximum autorisé) sur le site, en respectant le thème du concours : « LA JUNGLE URBAINE ». Et puis je n’ai pas pensé à revenir (en fait si, j’y ai pensé, mais je ne l’ai pas fait, repoussant toujours cela à plus TARD). Et dans les quelques mails quotidiens confus (soit disant récapitulatifs des visites, des commentaires, …) envoyés par Métro, JAMAIS ils ne m’ont prévenue qu’une des mes photos avait été retenue parmi les 100 FINALISTES entre lesquels les internautes allaient devoir voter pour n’en sélectionner plus que 5. J’ai découvert ça aujourd’hui en allant par HASARD sur le site. Du coup, les 5 finalistes (dont je ne fais pas partie) ont été élus sans que j’aie eu une chance de prévenir la TERRE entière de voter pour ma photo et de, peut-être, faire partie des 5 gagnants en question. Peut-être que tout cela me SECOUERA un peu pour les prochaines fois… en attendant, je rends HOMMAGE à ma photo (qui figure déjà sur mon blog dans un de mes albums sur PARIS) en lui consacrant un billet. Elle s'appelle Loneliness à toute heure.

 

loneliness

 

November 23

Passe-temps métropolitain

 

Porte de Saint-Ouen,

La station du stéréotype masculin

 

La Muette,

La station du névrosé qui se la pète

  

Château rouge,

La station des cœurs qui bougent

 

Grand boulevard

La station du connard, ou du coincé, va savoir

 

Sentier,

La station du pilier, ou de l’entêté désenchanté, qui sait

 

Mairie de Clichy,

La station du mec bien et gentil

 

Gobelins,

La station du cousin au rendez-vous sibyllin

 

Père Lachaise,

La station aux intonations marseillaises

 

Commerce,

La station de l’infidèle qui tergiverse

 

Michel-ange Auteuil,

La station de la fille en deuil.

 

November 16

Tryptique

 
 
Chapeauter le temps : porte fermée, mémoires au soleil. Ne jetez pas l'éponge.
 
November 01

En serre

 

La mélancolie du dimanche en serre, les gouttes au carreau et le cœur allant traîne, la danse avec les mots dans vide modern’vase. Ca ronronne là-haut, ça klaxonne là-bas et dedans ça fait quoi. Le froid tombe et la nuit, l’heure avance d’une heure et me devance aussi et me prend par la main pour foncer tête baissée le demi-jour ambiant. Pour dresser l’épigramme, errance avec les mots qu’il faut aller chercher, qu’il faut aller choisir et accoupler, mère de cent mares mots où la rémanence à l’encre-poisonneuse ne coule pas, portée par l’eau stagnante où végètent des algues à la colère rentrée. Et dans un jeu de cartes explose l’ire, honnie, des coups ragent au dessin d’une étoile innocente aux cheveux longs comme une corde d’hier, les cordes un peu partout qui étranglent le cri. Une boiterie à lettre comme remède au poison, grand ménage d’hiver, les deux froids seraient trop.

 

October 21

Echanges sur facebook en temps de crise financière

 

Matei :

La bourse ou la vie, une question des magots, à votre avis?

 

Barbara :

Ah bon, je croyais que c’était une question des six trouilles !

 

Julie :

Dans quel sens ? La bourse ou la vie ?
Dans le sens western halloween ?
Ou dans le sens "l'argent ne fait pas le bonheur" ?

 

Matei :

Héhé, justement ! Si c'est une question démago, le second prime, si j'ose m'exprimer ainsi, tandis que posée par des magots, en confondant l'existence et l'essence, on ne peut qu'imaginer une alternative terrible entre paix trolle et laid sens... Les six trouilles, quant à elles, comme reliquat des pêchés (haies ;-) capitaux (boursiers bien sûr) fonctionnent toujours pour faire vibrer la corde des époux vantés : 4*4, trekking au Machu Picchu, évasion vers un paradis fiscal, pavillon de complaisance sur la côte d’azur, soins esthétiques, bref, la sécurité : immortalité de lame, qui vit par l’épée. 

 

Barbara :

T’imagines si la Banque Centrale est renommée Banque Root (tu sais, le retour à des valeurs capitales - quoiqu'essentielles serait un mot plus approprié du coup) , ça ferait mauvais genre !

 

Matei :

En fin de compte, appeler une banque Root, si l'Europe fait des râles, ce ne serait que justice d'émaux crades (et camés). Et comme sous chaque arbre (cachant la forêt) on trouve un lutin, à la racine de la banque européenne, il y aurait la fée des rations. Pour un temps de crise, la solution me paraît acceptable. Qu'en penses-tu?

 

Barbara :

J'en pense malheureusement que la fée des rations continuera à plier les dos minés pour ne surtout pas froisser les lits blaireaux.
Comme l'illustre si justement un proverbe inconnu : "fisc alité pour fats cultés ; con tribu ça quitte la dette".
Bref, la croissance désastre, éclipse de thune, haute ruche où l'on implore la reine du pic me fait dire que les fées et les lutins ne devraient pas sous-estimer le pouvoir des chats !

 

Matei :

Alimentaire ma chère!! je dirais même plus, voilà des dits gestifs! Et à ce propos, tandis qu'on devise de l'aspect culation (pardon), que mille et un fats cultés scandent et construisent des maux d'elle pour conjurer les six trouilles, au chevet du fisc alité, on oublie l'essentiel: le radis qu'alité un homme peut à peine avaler est le seul légume survivant, perdu au milieu des champs de bio-carburant destiné à brûler dans la tonne d'acier nécessaire à tout bon lit-blaireau pour se déplacer. Les non pays grondent! Entre les griffes affûtées et les gueules affamées, les lutins et les fées des rations ont fort à faire. Malheureusement...

 

October 20

Haie-change sur facebook en temps de crise buissonnière

 

Astrid publie la photo de la haie de son jardin messin : rougeâtre-marronnâtre, celle-ci est visiblement en train de mourir : « Et voilà la haie actuelle : une horreur ».

 

Barbara :

C'est Monsieur Sapin et Madame la Haie  qui étaient amoureux, et Monsieur Sapin ayant été sauvagement et injustement assassiné, maintenant Madame la Haie dép-haie-rit ! (Précisons qu'Astrid et son copain avaient bel et bien coupé un sapin dans leur jardin).

 

Julie :

Sapinera bien qui sapinera la dernière.

C'est un complot ! Oui c'est ça ! Ce sont tes voisins qui étaient jaloux de voir une si belle haie pleine de joyeux lutins de haie et ils ont sauvagement assassiné cette belle haie en versant un dangereux "poison à haie" sur ses racines...
Par contre, les petits lutins auraient pu te le dire quand même ! C'est pas des potes !!!

 

Astrid :

Les lutins ont dû se foutre en grève..., résultat c'est moi qui vais aller lui parler à la haie (puisqu'il faut parler aux plantes pour qu'elles soient belles). Et puis j'irais aussi lui passer de la musique ou lui lire des livres... euh, si j'ai le temps.. un de ces jours quoi !
Ou alors faut que je rembauche des lutins !

 

Matei :

Pour la grève des lutins, l'analyse me paraît pertinente, (d'où le rouge). Un regret: c'eût été plus élégant pendant les fêtes de fin d'année. Par contre, toi qui travailles un pied dans la psychologie, comment peux tu penser qu'un changement d'environnement puisse déprimer la haie? Erreur de terminologie, ma chère, la rougeur caractéristique de l'immigré peut signaler une réaction inflammatoire face à des stimulations non répertoriées, une combustion spontanée ; ta haie s'est immolée en l'honneur de ton arrivée: sacrifice suprême que l'on rencontre souvent chez les haies indo-européennes depuis l'émergence de la civilisation de l'Indus, où les haies jouaient le rôle primordial que l'on sait, coutume transmise de haie en haie avec une ténacité remarquable, assiduité attestée aujourd'hui par la vivacité de nos clôtures végétales, particulièrement en Basse-Normandie, où elles déploient cette allure caractéristique des divinités hindoustani.

 

Barbara :

Pourquoi tant de haie ?
Le monde est déjà bien assez dru comme ça...

 

Julie :

Une véritable ode à ta haie tout ceci !
Si avec ça on ne lui a pas donné un petit peu de courage pour repousser, je ne comprends plus rien aux haies !
Et c'est bien connu, les parisiens s'y connaissent très bien en haie !

 

Matei :

Mais absolument: haies de gendarmes, haies d'honneur, haies méchées (très fréquentes, celles-là, ambulantes et explosives de surcroît), haies résille et haies dentées (l'une préservant de l'autre, peut-être), j'en passe et des meilleures, bref, on est cernés par les haies, tant de haies, trop de haies, foutues racines!

 

Barbara :

Sans compter les haies nervées, prototype parisien bien connu en voie d'accumulation bien que poussant en territoire hostile !

 

Matei :

Tout à fait! D'ailleurs, ceci expliquant sans doute cela... la liturgie quotidienne de la vie citadine, spécialement haie lucubrée (ou plutôt lugubrée) pour faire de nous des haies cervelées.

Mais haut les cœurs! haies qu'on nomme de tous les pays, haies, largissons nos horizons!! haies, mouvons nous en harmonie, haies tonnantes, haies plorées, haies prises, dérouillons nos troncs communs, haies tirons nos branches enchant'haies, pour couronner, entrelacées d'épines, équateur et cercles polaires, diadème sur front de terre sans frontières...

 

Barbara :

Haie lémentaire mon cher Watson, mais WooOooOoW, quelle envol-haie lyrique :)

Il faut que je vous dise : ayant randonné longuement en forêt hier, j'en ai profité pour m'entretenir avec les arbres de notre suj-haie. Après tout, qui mieux que les arbres eux-mêmes sont-il le mieux à même de nous haie-clairer ? Bref. Je crois que l'arbre m'a livré le secr-haie : la haie, lassée des inclémences de l'été lorrain, a décidé de se mettre à la mode de l'été indien.

Le hic, c'est que ne mélange pas l'in-haie et l'maquis qui veut !
Quelle haie preuve !

 

Matei :

Je ne peux qu'acquiesc'haie à une d'haie monstration aussi subtile que magistrale, menée avec haie légance de la radicelle au bourgeon...et du fruit au cotylédon. Mes hommages et remerciements pour cette explication haie difiante!

 

Barbara :

Je ne manquerai pas de remercier notre arbre haie-rudy (oui, c'est son petit nom :-)

 

Matei :

Le mot de la faim n'est jamais qu'un apéritif! Le sujet est peut être épuis-haie, mais nous aurons sans doute d'autres occasions de faire appel à son éternelle sagesse ;-) L'agonie de la haie rouge s'éclipse doucement derrière la chute du billet vert...

Qu'elle s'haie-panouisse! c'est la dernière haie, promis, on doit être pas loin des 110 mètres. Donc, le jugement dernier-haie !

 

Barbara :

L'overdose d'haie-roïne est-elle possible ? En tout cas, je me suis bien amus-haie, rien de tel qu'un peu de toxine botanique pour se dérid-haie !

 

Matei :

L'overdose, apogée et plongeon, est moins à craindre que l'accoutumance! Saura-t-on se montr' haie à la hauteur?

 

Barbara :

C'est difficile de se montr-haie à la hauteur avec tous ces sots en hautes heures !

 

October 19

En attendant l'un dit...

 

Les lents demains de fête sang-tête, la journée parée longue en cernes lunes-à-tics ; la fatigue plane en nuit les reliefs cachets. Ses nerfs gisent. Le soleil a beau rayonner deux ors, elle préfère chauds sons, paix noire, café olé et l’ivre dort au plus marre. Haut final, la noire sœur en dix manches fera un cri miné l’oisive fée Néant.

 

September 17

HipHipHip Aura !

 

Etrange, non, de s’aimer sans s’aimer, on se dit oh lui je L’aime, je L’aimerai toujours, c’est L’amour de ma vie et pourtant on ne l’aime plus, à peine si on y pense, d’ailleurs se connaît-on encore après toutes ces années, un deux trois quatre cinq six ans déjà et voilà qu’on voit passer une deux trois quatre cinq six photos tout à coup et c’est la chirurgie, on ausculte on découpe, infirmière ! ciseaux ! scalpel ! vite ! qu’on s’enfonce un peu, qu’on écarte les couches qu’on Le retrouve en somme dans un reflet brillant, Ses filtres de cigarettes arrachés Ses doigts jaunes et tout à coup Gainsbourg nous traverse la tête, on se souvient l’admiration, cultive t-Il la ressemblance et d’où tient-on ces idées-là, et puis le temps, le temps, a t-on grandi, de loin ? j’en doute, les jeans les baskets les cheveux en désordre et ça ne changera pas, on le sait que ce n’est pas nous les dandys et les femmes fatales et les photos des magazines et qu’est-ce que ça peut faire, non ça ne changera pas, comme on se dit encore je L’aimerai toujours et comme on pense aussi de cette histoire ancienne différente la plus forte la plus grande l’unique et la lune décrochée et pourtant on n’a plus envie on n’y reviendra pas, on l’a mise de côté et on s’y plaît il faut dire, évidemment on a appris la jungle a t-on vraiment le choix, il nous arrive souvent de tomber dans des pièges et de pisser le sang, on ne réfléchit pas on éponge on protège et crac un autre piège on se fait mal ailleurs et c’est interminable, alors on n’avance plus beaucoup, il faut l’avouer, on peine à poursuivre et on ne voit pas la fin parce qu’on regarde en bas pour éviter les chutes, oui, on repense à tout ça en voyant six photos et on pense au jasmin et on pense à l’orage, ne pas pouvoir attendre la foudre sous une simple toile et la course mouillée et la peur envolée sous un toit en dur qui ne peut pas brûler, il faut bien ça je crois quand on se perd en tout sans en perdre une miette, mais pourquoi Lui n’est-ce pas, pourquoi l’unique et la lune décrochée, la valeur absolue et la racine carrée ? parce que le brut sans doute, pas poli le brut, accrochant tout sur son passage le brut, fonçant et donnant tout et n’ayant peur de rien, la jungle qu’il découvre avant la dégénérescence, oui, parce que le brut, parce que la pureté du don et la magie du novice et l’offrande de soi comme si l’Autre était Dieu. Le brut oublie son impiété et se pare d’une aura que toute déliquescence n’atténuera jamais.  

 

September 15

Le prophétie "One shot / One's hot" du clavier

 

Il me vient des idées étranges quand je m'ennuie devant mon clavier, la preuve par l'image juste en-dessous... Le titre original est "One shot", mais devant l'incompréhension et la déconfiture absolues de mes trois cobayes à qui j'ai soumis cette circonvolution photographique, j'ai ajouté "One's hot" en guise d'indice complémentaire. Pour le reste, débrouillez-vous, je vous assure qu'il y a un sens (et pas seulement celui des flèches).

 

prophétie clavier

 

July 20

Compte-rendu d'observation sociologique du touriste aoûtien

 

Le touriste porte bien son nom puisqu’il a plus d’un tour dans son sac, à commencer par un petit tour et puis s’en va qu’il semble affectionner tout particulièrement au sein de nombreux sites ou panoramas uniques pourtant propices à l’exploration.

De fait, il paraît dangereux de demander au touriste ce qu’il a vu pendant ses vacances, car sa mémoire risquerait de lui jouer des tours, ce malgré les photos qu’il prend à tour de bras, le touriste étant particulièrement enclin à cadrer femme/copain/enfant en premier plan.

Autre curiosité, dans les lieux chargés d’Histoire où le silence pourrait laisser libre cours à une certaine communion avec le passé, le touriste s’arrache les tours de parole avec ses congénères, les mots se superposant alors de toute part en une assommante cacophonie au sein de laquelle le touriste semble évoluer en parfaite aisance, et dans ses plus beaux atours (c'est-à-dire, parfois, pas grand-chose : tout juste un maillot de bain).

Si le bruit n’est pas fatigant pour le touriste, les détours eux semblent l’être puisque le touriste, comme mû par une grégarité paroxystique, préfère suivre de très près ses congénères sur les autoroutes balisées des visites sans que cela ne le dérange en rien (brouhaha, photographies ratées, promiscuité, …).

A noter encore, le touriste s’avère craindre étrangement les pancartes explicatives qui jalonnent les parcours : à l’approche de telles pancartes, un air tourmenté apparaît sur son visage et le touriste s’en détourne dès qu’il le peut (quand il ne les évite pas).

Enfin, le touriste semble ravi de remonter s’asseoir dans son bus tour-operator où il regardera les photos de femmes/copains/enfants en commentant les poses des uns et des autres plutôt que la visite. Ainsi, comme par un tour de passe-passe, le touriste disparaît aussi vite qu’il était venu.

 

 

Les 6 règles d’or du touriste :

 

1)    Ne jamais lire les pancartes ou panneaux d’informations lors des visites –  et par extension, ne pas savoir de quoi il s’agit et s’en foutre

 

2)    Ne jamais se laisser aller à la méditation silencieuse dans les monuments ou sites remarquables et parler plus fort que son voisin

 

3)    Se prendre systématiquement en photo (soi-même/femme/copain/enfant) devant/au sein de ces mêmes monuments ou sites remarquables et si possible :

-          en prenant des poses improbables

-          en faisant des particularités culturelles une franche partie de rigolade (exemple : profiter du port de foulard obligatoire dans les visites de mosquées pour pouffer devant l’objectif)

-          en privilégiant les endroits soumis à des interdictions (exemple : grimper sur des statues antiques pour remplacer les têtes qu’elles ont souvent perdues ; mettre le flash dans des endroits clos avec peintures anciennes ; …)

 

4)    Ne jamais sortir des sentiers battus et s’entourer de gens semlables à soi-même, à savoir :

-          séjourner au même endroit toutes ses vacances, si possible dans une station balnéaire bondée, inesthétique et bétonnée (que le touriste a aussi curieusement dans son pays) et confondre la rue avec un podium de défilé de mode lors de la promenade du soir

-          ou voyager en groupes organisés pour éviter toute déconvenue et se laisser porter par la réassurance d’appartenir à un troupeau qui n’a rien d'autre à faire qu’à se laisser guider

 

5)    Trouver des occupations pour ne pas avoir à écouter les explications du guide (exemple : être fortement préoccupé par un centimètre de peau qui commence à peler et se mettre de la crème pour éviter la catastrophe)

 

6)    Finir la journée par des activités typiques et jubilatoires (exemple : s’inscrire à une balade en jeep et s’arroser d’une jeep à l’autre avec des pistolets à eau)

 

 
Rome  
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