Barbara's profileSuEñO QuE La LunA bAiLa ...PhotosBlogLists Tools Help

Barbara A

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Ecrits vains au sang couleur
/ Leurres, coups & 120 cris
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SuEñO QuE La LunA bAiLa cOn El sOL

Déclic et Des claques
November 19

Mise au parfum

 

Parfum j’entends désir, appétit, gourmandise, voracité.

Je te déguste parfum de Lou.

 

Parfum j’entends limite, terminaison, aboutissement, conclusion.

Lou si tu pars, fin de partie.

 

Parfum j’entends subtil et délicat, filiforme et léger.

Parfum de fille, parfum de celle

Sur la ficelle où tu cou lisse

De ta peau je m’empare, je me pare et la fume.

 

Lou dans mes bras distillée.

Senteurs de toi ne suffisent pas.

 

Je t’aime arôme sur la Piazza Navona

Tu exhales mon exil

Et tricotes l’haleine pour m’en faire un fourreau, une maison, un pays.

Tu émanation.

Je colmate la brèche dans ton sexe en bouquet.

 

Ton amour, Lou, je le veux par fumets sur un chaudron bouillant.

 

November 10

@telier d'€criture #4

 

Sous le gris banal de la poussière

Chercher les rainures du bois impoli

Du bois discourtois toujours à court d’excuse

Quand il craque au-dedans le bois

Le bois en tas, entamé et pourri

Sous la couche de taire

Seconde peau travestie

 

Pendant que l’aube se rhabille

Plonger les mains dans une entaille discernée

Les doigts d’eux, les doigts dans, les doigts dedans

Trempés dans l’immondice

Dans les coups

Dans la rage

Les doigts et le courage dedans

 

Tandis qu’au-dessus du carnage, penchée, grimace une peau

Une pierre

Se plissent des paupières ignorantes dégoûtées

Du règlement de compte

Au bout de ce corps corsé corseté décortiqué

Au bout de ce corps étranger

Ne tenant plus de l’ange que l’être évaporé

 

Les doigts dedans trouver le fi le fil le filet

Et remonter en force la balance envasée 

Pleine d’ordures rouillées

Souillées

Grouillantes

Les arracher du gouffre où elles proliféraient

Les porter au visage

Les regarder enfin

Les tutoyer de près sans jamais vaciller

Puis leur cracher dessus

Et frotter insolent

Pour les aseptiser

 

Dans le propre et lustré

Apprendre à vivre ensemble

Côte à côte

Associés

 

Il fallait un ménage pour que le bois troué des racines de l’homme

Ligoté camisole sur son lit d’hôpital

Filtre la mer des bennes dans laquelle il baignait

Et retrouve un éclat.  

 

November 05

@telier d'€criture #3

 

Imposture sentimentale, posture mentale courante. Dans les têtes, aux postes frontières en forme de blessures mal soignées, des gardes font du zèle à chaque tentative d’entrée dans leurs territoires minés, disséminés aux quatre coins de l’existence. Qu’une jambe jupe talon essaye de se frayer un chemin et sous les vestes ignifugées pointe le canon d’un revolver. Pourtant, sur les visages, des sourires assurés semblent inviter au rêve.

 

Révolues les explorations sans barrières, trop d’ex éplorées barrées de cent manières et sans manière aucune. Les verres trinquent au début, les nerfs trinquent ensuite puisqu’aucun ne consent à se jeter à l’eau depuis leurs îles barricades.

 

Approcher le bord d’elle est bien trop dangereux, se reposer dans un nid d’il inconcevable, car les amants gris, griffés, ne pensent qu’à la chute et ne décollent pas de leurs pistes tollé.

 

November 01

Petite annonce amoureuse

 

Mouette rieuse loufoque et exigeante, trois fois palme d’or à Cannes, cherche poisson clown à dos fin et raie sur le côté pour embardées récréatives en hot mer.

 

Fous de passants et corps mourant s’abstenir.

 

(http://petites-annonces-amoureuses.blogspot.com/)

October 30

@telier d'€criture # 2

 

Les mots défilent à toute vitesse en filets d’appâts rances afin de nous tourner la tête,

 

pendant que le corps nu du monde courbe l’échine sous le poids des combinaisons camisoles qu’on l’oblige à revêtir deux par deux

 

pendant que le corps nu du monde transpire à grosses gouttes, condensation symptôme

 

pendant que le corps nu du monde s’étouffe à nos fenêtres en effeuillant les arbres

 

pendant que le corps nu du monde se démange allergique aux cultures transgéniques qu’on veut lui faire porter

 

pendant que le corps nu du monde crache le peu de salive qui lui reste pour essuyer le sang de nos guerres sanctifiées 

 

pendant que le corps nu du monde au beau milieu du cirque apprend la contorsion pour poser ses orteils crevassés desséchés sur son crâne inondé  

 

pendant que le corps nu du monde, carcasse désaccordée, est laissé sur la touche sans l’ombre d’un requiem 

 

pendant que le corps nu du monde détourne son visage, se recroqueville à nos pieds, informe et plat, silencieux bâillonné.

 

September 29

@telier d'€criture #1

 

La grisaille et la pluie, derrière le carreau, la grisaille, la pluie et les visages pressés, les corps impatients de rentrer au logis pour mieux recommencer demain leurs courses désincarnées, et moi qui les regarde et qui pense à mes os, ne pas faire de vieux os, en tout cas pas ici, attraper mon passeport, jeter quelques affaires dans un sac à dos, trouver ma carte de métro, envoyer quelques mails sans un regard de plus vers la grisaille et vers la pluie, vers ces gens marionnettes ficelés de toute part, où plus rien ne déborde  si ce n’est quelques gouttes de pluie carbonnée, envoyer quelques mails et se dire : après tout, rien ne me retient.

 

A l’aéroport, attendre le prochain vol pour Windhoek, correspondance Johannesburg, dans l’avion demander du vin rouge, ma mère s’inquiètera c’est sûr, escamoter la pluie et bientôt brandir le soleil, en dodelinant de la tête sur mon siège incliné penser :

 

Le bush africain et puis l’éternité

La lenteur et l’oubli et les corps indomptés

Le premier jour du monde et le monde ajourné

La sécheresse des sols lacés de pistes infinies

L’espace pacificateur

Comme une invitation à se diluer

A se dissoudre, à se noyer dans un continent

Et oublier ses rides, d’eau.

 

September 23

Mistral gagnant

 
Eoliennes : hélices au pays des merveilles ?
 
July 27

Amusement

Trouver un compagnon d'écriture (merci Loïc ;-). Piocher des bouts de phrase dans plusieurs livres. Les assembler ensuite chacun son tour comme il vous plaît. Contempler le résultat.
 

En un mot le vrai centre, tu m’insolubles.

Avec ses maux de tête, de traître, guillotinés en tête à tête.

Au-dessus des débris d’os humains, on voit les chiens tirant leur maître vers mourir.

Mourir a toujours lieu en pleine erreur, des araignées cherchent mon cœur.

Des soupirs dorés s’éteignent, la brûlante morsure des mots.

Encore au cinéma, aujourd’hui, les lecteurs sont dans les loges.

Voir comment les femmes, si les effleure une rose, reverdissent doucement dans les branches nues.

Il y a un champ d’étoiles dans lequel tombe une pluie noire.

Après ça, qu’est-ce que j’ai fait, je l’ai pendu.

La voix prisonnière d’elle-même, la voie sans âge de l’enfant sourd, avec les maux, les mauvais coups qu’elle joue quelquefois.

Nos corps miment la vie sombre, tu me solubles.

Le tronc vide, tendre, qu’étouffe à force ce lierre du temps.

Quoi te force à t’immobiliser sur les marches.

J’appréhende d’étouffer ou d’être dévoré dans cette fosse.

 

July 16

Sur le podium

 

La mode

=

des filets d'appâts rances

 

June 07

Théma "l'absence" (www.ecrits-vains.com)

 
L’absence, œil de verre brillant d’inanité, reflets falots sur résine imposture, couardise des coups purs comme celui de la désertion ligne droite.
 

Fronde en forme de vide, cas rance à potasser mal allongé sur le dit vent, secousses trous d’air et dépressions à maux sphériques sans même au bout la peine nourrie de carburant.

Il n’y a plus d’avec mais seulement le dé faux qu’on jette en sachant clairvoyance qu’on ne gagnera plus, le dé pipé est dépit paix, l’absence a le silence de cris coincés noyés.

Qui eût cru qu’en son sein l’œil de verre abritait dix visions acérées coupant net sans bavure le bourgeon apical.

Avenir sans rameau pas plus que nerf optique, il faudra le radeau et la thérapeutique pour que chaque saison retrouve ses couleurs.

Ainsi la déficience n’a plus d’autre destin que de s’assujettir puisqu’en son nom mitonnent deux vocables bout à bout : la science mise au défi aura raison des maux.

 

May 29

Ô, raison funèbre...

 

Il n’y eut que du bruit

A pêcher à la mouche

Les pieds dans l’homélie

A deux pas de la souche

 

La tête dodelinante

Sous des voûtes impies

L’humidité ambiante

A la noirceur des plis

 

Il s’en fallut de peu

Que la cérémonie

Calmât au fond des yeux

La docile agonie.

 

 

May 12

Vain millésimé

 

Sang, sensible, sensiblement pareils et pourtant si, si dits, si différents, par-dessus les fagots ne pas se laisser phagocyter, faire le tri, laisser faire la tristesse, deux pas en art, quatre en arrière, comment peut-on do donner ré récupérer et ressentir ces mi, ces misérables fa failles sol solitaires, la lassitude des si similarités dissonantes, cet un, cette impression d’acquis, d’à qui le dis-tu, qui, si si vite, comme une vague vague qui retourne d’où elle est venue, vœu nu, se fait de plus en plus peu, petite, ex exit existe t-on seul, selon la volonté de chaque un, rien de dé de défi de défini de définitif, le sang va et revient et disparaît noyé dans la lave, en actes évités, en activité, dans la vie bouillonnante d’un autre, à distance, sangsue sans substance, incendie, un des sens crie à l’indécence des coups inévitables, les coups de coussins, et vivement que la rage prennent les jambes à son cou pour renouer avec le courage, les bras, les bravoures et les déterminations sont hâte, attendues sur des terres, sur mes terres aux rites, cratères taris, car dans l’hardiesse l’art dit yes ! et dans l’audace lot d’as pour gagner là-bas la bataille et pour ici continuer à jouer, filet d’âme qui ne laisse pas filer la dame, si ce n’est de cœur écoeurée, celle de trèfle à rosée qui a plu, qui n’a plus qu’une feuille à force d’être, à force de torts, à force de s’être torcher les fesses de lâches thés et de vains rouges et blancs, tous fous tout fout le camp,  liqueurs lie des cœurs qui, pourtant, ne nous à part tiennent pas , appâtés par un pas, par un rôle, par des paroles à pâtés qui deux, deviennent vent au mot au moindre nuage que l’âge en mites emmitouflé perçoit sans percer, sans l’échasse et sans le chasser car il est plus évident de s’exiler vidé dans des bottes de  cette lie, de sept lieux, de sept lits à eux.

 

March 12

Cf. billet du 2 décembre 2008

 

Rappelez-vous l’homme cathédrale, celui de la station de métro Saint-Augustin ligne 9. Je l’ai croisé une fois encore aujourd’hui. Il faut croire que j’ai découvert, si ce n’est sa maison principale, sa résidence secondaire, puisqu’il était à nouveau là, assis sur ce même quai de cette même station. Le plus étrange, c’est que, sans le vouloir, nous avons échangé nos places. J’ai pris le siège qu’il occupait trois mois auparavant, et lui était assis sur celui qui avait alors été le mien. Je l’ai reconnu immédiatement, à peine surgie des escalators, il avait les mêmes chaussures de ville aux pieds, impeccables, et pourtant - chose qui m’avait échappée la première fois – dépareillées bien que du même modèle, l’une marron et l’autre tirant vers le brun. Il était enveloppé dans son long manteau vert kaki, un sac en boudoulière, le dos voûté, les jambes croisées, la tête enfouie dans le col relevé et sous un chapeau, de sorte qu’on ne voyait dépasser de son visage que ses lunettes. On devinait ses yeux fermés et le sommeil tout proche, peut-être là. Offert aux yeux de tous, il semblait à la fois vulnérable dans son absence et sa conscience altérée, et protégé, terriblement présent. Beau. A ses pieds, une bouteille d’eau, et aux miens, seulement deux minutes pour le regarder avant que le métro n’arrive. Son sommeil comme une invitation. Pourtant, courbé dans son anorak, sûrement cherchait-il à se faire tout petit et à s’extraire des curiosités. Rien de ce que j’ai pu voir ou peut-être même ressentir n’était banal chez cet homme, tout me poussait à l’apprendre et à le dévisager. A défaut d’avoir mon appareil photo – mais quand bien même, je n’aurais jamais osé – j’ai sorti mon carnet et j’ai esquissé son croquis, maladroitement. Mais, ce soir, mon croquis ne ressemble qu’à une coquille vide car cet homme-là est insaisissable. A-t-il délibérément choisi la station Saint-Augustin comme point d’attache ? Je suis tentée de le croire, ça collerait au personnage car je peux affirmer que cet homme a la foi au sens où l’entendait ce père de l’église : une croyance en quelque chose d’invisible. Et cette foi-là, je peux dire aussi qu’elle semble contagieuse, car à mon tour, je crois en cet homme, duquel pourtant je n’ai rien vu, je ne vois rien, et ne verrai probablement jamais.  

 

February 27

Colis suspect

 
JE NE SUIS PAS TIMBREE
JE SUIS AFFRANCHIE
 
February 25

Chanson abandonnée

 

Les reflets qui fléchissent

Dans les miroirs des dames

Aie conscience des bâtisses

Désertées par les flammes

Et des peaux fissurées comme la peinture en larmes

 

I can’t wait anymore

I have to leave the child

Who sees your mother core

But doesn’t know the woman

 

Les corps qui ne suivent plus

Leurs ombres trop brutales

Où crient au temps perdu

Des souvenirs bancals

Et des yeux délavés où meurent les étoiles

 

You can’t be anymore

A book I‘ve never read

Focusing the cover

And rejecting the end

 

Et les pieds fatigués

Des corps qui s’ankylosent

Osent encore se presser

Avant qu’ils ne reposent

En paix

Traits

Disparus dans la tombe

Visages lisses et soumis

Mais libérés du temps des vieillesses ennemies

 

I don’t want you to die

But I guess your withdrawal

It’s time to steal to death

The truth of your traverse.

 

February 18

Diagnostic ?

 

19h, heure de pointe dans le métro parisien, bondé, donc. Beaucoup mâchent des chewing-gums. Etre parqué comme du bétail dans des wagons surpeuplés, mû par l’obligation d’aller gagner sa croûte, est une chose, mais forcer le trait en poussant (in)volontairement la ressemblance avec des ruminants hébétés en est une autre.  Zoomorphisme ou syndrome de Stockholm ?

February 17

CB : carte bouleversée

 

J’sais pas vous, mais moi, je vais souvent faire mes courses au Monop’, et la plupart du temps, je paye par carte bleue. Pendant la transaction, je garde toujours un œil sur l’écran de la machine où apparaît « Carte EMV », avec un « V » arrondi qui ressemble à un « U ». Alors moi, forcément, je lis « carte EMU », et, d’imaginer les émotions de ma p’tite carte, ça m’fait toujours un p’tit quequ’ chose.

February 11

Délocalisations

 

Ca coule comme du plomb sans quitter la surface. On s’y attendait trop. L’intuition, qui nous fait jouer du bout du doigt seulement. On cerne sans savoir, juste de quoi essayer, mais on reste à sa place, aucun pied de chaise à racler, aucune inclinaison vers un lacet à nouer. On attend que les pas que les mains que le désir viennent au devant de nous dans ce qu’on voudrait prendre pour des  petites robes d’été, on y parviendrait presque si l’on avait gardé quelque naïveté. Mais n’arrivent qu’armures. Des guerriers, voilà ce que nous sommes devenus, sans cesse à guetter d’où viendrait le danger, plus question de s’offrir à l’ami, car à trop surveiller les nuages de poussière à l’horizon, on en vient à croire à l’ennemi et à l’attendre de pied ferme. Et les frontières que l’on combat, on ne sait plus lesquelles. Prêts à parer les coups avant que les sabots de chevaux équipés fassent entendre leur pas qu’on prend déjà pour un galop, prêts à parer les coups avant même que les coups existent, alors qu’on le sait bien, au fond, qu’on ne parera rien lorsque les coups viendront. Nos armures, murs d’armes inventées, fausses cachettes dont l’autre n’a que faire et qui n’arrêteront rien. Regardez-les les deux qui se sont rencontrés, ils se parlent se sourient autour d’un verre de vin mais déjà ils se jaugent et ajustent une cuirasse invisible et pensent aux territoires qu’il leur faudra défendre et même peut-être à ceux qu’il faudra occuper. En même temps qu’ils se donnent ils se mettent en joue, suivant des ordres étranges qu’ils n’entendent même pas. En même temps qu’ils tendent une main l’un vers l’autre comme les solidaires compagnons d’une déroute qu’ils ignorent, ils se fusillent dos tournés contre les murs qu’ils ont dressés. Voilà comment, dans les champs de batailles rayonnant d’obscurité, des massacres se déroulent dans le plus grand secret, le sang versé restant blotti au fond des cœurs et contenu par les cuirasses.  

 

February 08

L'écrit de gorge

 
LA CLE DES CHANTS  :  LA CULTURE DES SOLS
 
February 05

Tête à totaux

 
LEURRE  DE  GLOIRE  :  JOINDRLEDEBOUTS
 
December 30

1+1=0

 

Les uns-tact, les uns gèrent, les uns-cube

Les uns citent, les uns posent

Les uns ferrent, les uns serrent

Les uns partis, les deux viennent, les deux-vent

Les uns-pacte, les uns-firme, les uns vendus

Les uns-carne, les uns-briquet

Les uns jurent, les deux meurent

Les deux hors

Les uns priment

Les uns bus

Les uns dignes, les uns portés,

Les uns sinuent

Lestés des autres-foi

(l’autre ment).

 

December 12

Inspirée par Gherasim Luca

 

Tes ras, tes tics, tes rapts, thérapeutique, un peu un petit don pour l’achat leurre, pour la chaleur loupée chaloupée, la paix des pensées qui dépensent et repassent les pleurs, qui dépècent et repensent les peurs, les peaux, l’hypothétique heurt des sent pas pieds, des cent pas pillés sur les lies sang sciées qui s’enlisent de pièces en lits, de liesse en pis, la descente osant faire l’erratique, l’air à, l’air à tics, l’air à tiquer sur des airs rances, errances, la déshérence révérencée des rêves d’aisance à vert, avérés d’être, détraqués, des tracs et des racines rats, ratés, des traces si nées calcinées, l’inné rance de la terre à pis, à prix, apprivoisée, tractée par l’épi sur la tête, par l’épithète sûr, le dé, le dépit ôta, le dépiautage têtu qui se tait tue, hip hip hip tenus, ténus, l’hypothénuse-dépôt use l’épée et les piments, les pépiements pipés des ans, des angles, droits, des endroits où, posés, les opposés n’osent que sangle, s’engluer aussi, oscille, au silence des os laids désopilants, il part, il paraît qu’épeler épile les peaux les pôles les politesses par-ci par-là, parcimonie parlante où les mots nient et l’élan part à l’air je, allergène à parer en s’emparant de scies à tics, à maux, à bile, mobile habile abominable sur lequel on s’assoit soi soi pour sot, pour scie, pour sonner le glas, pour saucissonner le glaçon art, le glaçon armé qui ne fond pas, je, jeu lent, gelant l’aile, les larmes au coin des si, les larmes au coin des scies,  les larmes au coin des scies quatre, les larmes au coin des cicatrices.

 

December 02

Touchée-Coulée

 

En Turquie, dans un dolmuş – ces petites camionnettes qui font office de minibus pour aller d’un village à l’autre – une vieille femme s’est assise sur le siège à côté de moi. Pendant tout le trajet, je l’ai regardée à la dérobée, il fallait que je l’apprenne par cœur, c’était une nécessité qui, loin de se faufiler par les chemins habituels de la raison, s’est imposée à moi aussi sûrement qu’un réveil-matin. Petite, elle portait une jupe beige à fleurs blanches et un large t-shirt bleu à fleurs roses. Sous sa jupe trois quart, un pantalon bleu marine aux petits motifs couleur or. Sur sa tête, un fichu blanc cousu de perles rouges. Une vieille femme comme un bouquet de feu d’artifice. A ses pieds enfin, des mocassins noirs, avec, à côté, un sac à main de la même couleur. A peine s’est-elle installée à mes côtés, cette envie de lui prendre la main. De la serrer dans mes bras peut-être même. Des larmes sur mes joues, ni de tristesse, ni de joie, des larmes de rien, seulement de sel quand l’eau s’évapore au soleil. Des larmes qui nous font détourner la tête vers la mer loin derrière la vitre pour retrouver l’aridité de l’été méditerranéen. Des larmes qui s’en viennent sans comprendre et d’ailleurs on s’en fiche, ça serre le cœur c’est tout, ça transperce une carapace qu’on découvre à l’instant même où la perforation a lieu, la douceur des traits de la vieille femme comme une aiguille qui pique sans jamais faire de mal. Ca goutte seulement. De travers je l’ai regardée, à ce point-là c’est de l’espionnage, d’ailleurs je l’ai prise en photo, appareil à bout de bras sur mes genoux, cadrage au hasard pour ne pas être repérée. Il s’agissait juste de capter sa grâce. Où va le monde, ai-je pensé, j’aurais voulu la suivre et ne plus la quitter, ne plus remettre un pied dans nos villes inhumaines. Elle ne m’a pas jeté un œil, pas regardée une seule fois de tout le trajet, une si belle ignorance, l’indifférence-bonté et comment est-ce possible, et si j’avais osé j’aurais dit merhaba. Elle avait un petit cheveu sur sa joue, ses longs cheveux brun-gris dépassaient d’ailleurs de son fichu, c’était une femme sans âge je me suis dit, et sans affiliation, sur son visage d’ailleurs, le glabre des noblesses et les rides d’une vie au soleil ou du travail aux champs ou les deux à la fois. Ses deux mains fatiguées agrippées au siège de devant pour amoindrir les virages de la route, elle s’est assoupie et sa tête a basculé vers moi et qu’est-ce qui nous empêche d’offrir nos genoux, les enfants le feraient, eux. J’ai essayé de lui sourire, sans que jamais elle ne me voie. Pourtant, sa main s'est désormais posée sur le fauteuil à côté de ma cuisse. Tout à coup, le dolmuş s’est arrêté au milieu de la route et le conducteur est descendu, aidé de quelques hommes, pour changer un pneu qui venait de crever. Alors, elle a cherché quelque chose dans son sac et l’observant encore, j’ai aperçu la contrefaçon Calvin Klein, et je lui ai lancé sans un bruit, sans un mouvement de lèvres, jusqu’où va l’utopie de la modernité. Et puis elle a enlevé ses mocassins, et, en me penchant un peu, l’air de rien, l’air de celle qui s’étire le dos, j’ai lu sur sa semelle Mona Paris et quelque chose m’a échappé, filant au loin sans que je le rattrape. A Paris, quelques mois plus tard, sur le quai Saint-Augustin du métro ligne 9, un homme s’est assis à côté de moi. Comme avec la vieille femme du dolmuş, mon attention s’est trouvée détournée sans compromis, entièrement dirigée vers lui, les yeux en coin à s’en faire mal au crâne ; on m’a appris, je crois, l’impolitesse de l’examen frontal, premier jalon des fuites, qui sait. Il était maigre, si maigre caché dans son pantalon costume et dans son blouson premier prix. Chaussures de ville, la classe, et béret sur la tête, pourtant, pas un radis c’est sûr, et des larmes ont encore coulé. Il a sorti de sa poche un paquet de biscuits style petit beurre, c’était l’heure du repas je crois bien, et, recroquevillé, le visage à moitié caché dans son anorak, il les a mangés avec une telle délicatesse précipitée qu’on en sentait clairement la faim, la fin peut-être aussi, alors l’envie certaine de lui donner un peu, des paroles, de l’argent, mon écharpe ou mon livre, juste de lui donner, mais il ne demandait rien, seul dans son manteau, bien calé dans son siège, ignorant ma surveillance agitée et ma présence ébranlée qui l’aurait fait rire jaune, entre lui et lui-même et ses biscuits aussi, il ne demandait rien et je n’ai pas osé. Le métro est arrivé et j’ai grimpé dedans, le laissant seul à quai, la tête basse, le regard fuyant comme si le monde, il ne pouvait plus le regarder en face, mais qui des deux esquive le plus je me suis demandée.

 

Il y a des gens qui frappent sans un coup d’œil et qui s’en contrefichent et qui ne le croiraient pas, ceux-là même dont la grâce invisible peut me faire perdre pied. L’envie qu’ils me reçoivent, entrer alors en eux comme dans une cathédrale, y allumer un cierge et puis m’agenouiller.

 

 

November 26

J'aime pas l'âme stèle

 

âme sans cible

carbure à l’essence ciel

pour protéger les flammes en rose

et sauver ainsi l’aplat net de couleurs pas stèles
 

 

{ Rêve et tire son art mur }
 
 
November 24

La jungle urbaine

 

UN JOUR peut-être, je serais moins A L’OUEST, et gagnerais, qui sait… J’ai participé au concours Metro Photo Challenge 2008 il y a quelques semaines. Evidemment, j’ai découvert le concours quelques heures avant sa clôture en feuilletant Métro un matin, un encart publicitaire m’ayant accroché l’œil de manière inhabituelle. J'ai décidé alors de me dépêcher et de poster cinq photos (nombre maximum autorisé) sur le site, en respectant le thème du concours : « LA JUNGLE URBAINE ». Et puis je n’ai pas pensé à revenir (en fait si, j’y ai pensé, mais je ne l’ai pas fait, repoussant toujours cela à plus TARD). Et dans les quelques mails quotidiens confus (soit disant récapitulatifs des visites, des commentaires, …) envoyés par Métro, JAMAIS ils ne m’ont prévenue qu’une des mes photos avait été retenue parmi les 100 FINALISTES entre lesquels les internautes allaient devoir voter pour n’en sélectionner plus que 5. J’ai découvert ça aujourd’hui en allant par HASARD sur le site. Du coup, les 5 finalistes (dont je ne fais pas partie) ont été élus sans que j’aie eu une chance de prévenir la TERRE entière de voter pour ma photo et de, peut-être, faire partie des 5 gagnants en question. Peut-être que tout cela me SECOUERA un peu pour les prochaines fois… en attendant, je rends HOMMAGE à ma photo (qui figure déjà sur mon blog dans un de mes albums sur PARIS) en lui consacrant un billet. Elle s'appelle Loneliness à toute heure.

 

loneliness

 

 
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